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Tourisme et biodiversité

Impact du tourisme

On observe actuellement une perte de biodiversité à l’échelle planétaire. Une grande part de cette diminution est attribuée directement ou indirectement à l’activité humaine : exploitation des ressources naturelles, changements climatiques, pollution, introduction d’espèces …

Le tourisme est une des plus grandes industries du monde, en termes de nombre d’emplois et de clients. Le tourisme représente à lui seul 11 % du produit national brut mondial, emploie 200 millions de personnes et déplace quelques 700 millions de voyageurs par an, un nombre qui devrait doubler d'ici 2020. Il est considéré comme l'une des plus importantes, si ce n'est la plus importante, industries mondiales. Compte-tenu de son importance, il semble évident d’en évaluer l’impact sur la biodiversité.

L’industrie du tourisme possède un grand nombre d’arguments en faveur de la biodiversité. En effet, les impacts du tourisme sur l’environnement sont souvent bien inférieurs à ceux générés par d’autres industries ; de plus, l’environnement culturel et naturel présentant la principale attraction, il semble logique de vouloir les préserver.
Pourtant, le tourisme peut avoir une action négative sur la biodiversité, notamment quand le développement touristique ne suis pas une éthique en faveur du développement local. La tendance actuelle et les projections futures ne sont pas très optimistes quant à la relation tourisme/biodiversité. Si l’on effectue un bilan concernant le développement du tourisme ces dernières décennies, on constate que:

  • Les destinations touristiques de l’hémisphère nord sont localisées dans des « hot-spots » de biodiversité, zone riches en biodiversité mais également reconnues comme extrêmement fragiles. A titre d’exemple, le bassin méditerranéen accueille déjà 200 millions de touristes chaque année et les prévisions pour 2025 s’élèvent à 325 millions. Les infrastructures et la fréquentation génèrent pollution visuelle et dégradation de l’environnement. Les milieux naturels fragilisés perdent, dès lors, de leur attrait.

  • Plus de 50% des pays du sud les plus riches en biodiversité  reçoivent entre 1 et 2 million de touristes internationaux par an.

  • Plus de la moitié des 15 pays les plus pauvres au monde sont des hot-spots de biodiversité. Ces pays font face à un tourisme croissant, et la biodiversité y représente une attraction majeure.

Chaque année, près de 1 milliard de personnes partent en vacances à travers le monde. Ces dernières décennies, on observe une croissance stupéfiante des activités touristiques dans certaines régions : 2000 % d'augmentation au Cambodge et au Laos, de près de 500 % en Afrique du Sud, plus de 300 % au Brésil, au Nicaragua et à El Salvador et plus de 128% en République Dominicaine.
Cela engendre de la pollution et une dégradation de l’environnement. En moyenne, les touristes parcourent 1900 km chacun, causant ainsi plus de 5% des émissions globales de gaz à effet de serre, dont 3 à 4 % imputables à l’avion.

Certains sites très populaires pour leur beauté accueillent un grand nombre de touristes chaque année. On observe actuellement l’impact du grand nombre de visiteurs sur la faune et la flore locales : dérangement des animaux, modification des habitudes alimentaires due à la présence de poubelles (restauration) où certaines espèces ont vite appris à se servir, modification des déplacements et des migrations... Malgré les recommandations des chercheurs des pays concernés, les infrastructures continuent à être construites et le nombre de visiteurs annuels continue à croître.
De plus, les besoins des touristes (eau, nourriture...) sont souvent supérieurs aux possibilités locales ; parfois, on assiste à une demande excessive des hôtels aboutissant à une surpêche (cas de la côte sud de Madagascar , pour les langoustes) . On sait, par exemple, que 15000m3 d'eau peuvent irriguer un hectare de rizière, ou subvenir aux besoins de 100 familles rurales pendant 3 ans, ou 100 familles urbaines pendant deux ans, ou encore à ceux de 100 touristes dans un hôtel pendant 55 jours! Des prélèvements d'eau déraisonnables dans la nappe phréatique à Marrakech pour alimenter des golfs, des villas ont eu des conséquences sur les palmeraies dont les dattiers se sont desséchés, et affaiblis ont été décimés par le bayoud (maladie du dattier).

L'urbanisation sauvage des régions touristiques (ex : littoraux) peut affecter la beauté d'un site. A la Réunion, il faut rappeler l'exiguïté du territoire et la concentration humaine sur le littoral (82% de la population vit sur le littoral). Le lagon ne représente que 0,8% du littoral. L'installation de campings, de sites touristiques et de loisirs entraînent des infiltrations d'eaux usagées et souillées directement dans le sable et à quelques mètres du lagon (côte ouest).

Le trafic d’animaux et de plantes sauvages, 3ème de par son importance après la drogue et les armes, est une des premières causes de disparition des espèces. Perroquets, orchidées, objets en bois précieux ou en écailles de tortue, bijoux en ivoire, rapporter des souvenirs peut tuer !

Un tourisme plus respectueux de l'environnement

Malgré les aspects négatifs cités plus haut, le tourisme peut contribuer à la conservation de la biodiversité et la réduction de la pauvreté. Un tourisme bien géré et éthique permet de soutenir la conservation de la nature et profite aux communautés locales. Pour cela une solide réflexion en amont, ainsi que la mise en place de partenariats locaux et nationaux s’avère indispensable. Il s’agit donc de concilier développement économique, social et culturel, tout en préservant les ressources pour les générations futures.
De plus en plus d’activités touristiques contribuent à aider financièrement des projets locaux d’écodéveloppement et de conservation de la nature. Le tourisme peut également offrir une solution alternative à des activités destructrices de biodiversité telles que la surexploitation des ressources naturelles. Le tourisme durable est le fruit d'efforts continus et exige le contrôle constant des effets de cette activité sur l'environnement, ce qui suppose l'adoption, chaque fois qu'il y a lieu, de mesures préventives et/ou correctrices nécessaires.
Peu de dispositions concrètes, à un niveau gouvernemental ont été prises, à ce jour, pour limiter ou compenser l’impact du transport aérien sur l’environnement (émissions de gaz à effet de serre). Des outils individuels se sont développés. Il est aujourd’hui possible de compenser ses émissions par le financement de projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour un prix de l’ordre d’un euro par mille kilomètres parcourus. Les particuliers soucieux de leur impact climatique disposent donc d’un outil financier original. Ils peuvent ainsi participer au financement d’installations de production d’énergie renouvelable, de plantation d’arbres etc. Il est également recommandé de partir sur le long terme et d'éviter de multiplier les déplacements aériens.

Le concept de tourisme durable s’oppose à celui du tourisme classique, qui généralement offre une réalité peu éthique :

  • bénéfices réduits pour la population locale

  • impacts écologiques importants

  • relation déséquilibrées et artificielle entre touristes et autochtones.

Ainsi on voit actuellement émerger un tourisme éthique :

  • basé sur le principe du commerce équitable, il bénéficie à la population locale

  • un échange direct entre le voyageur et les acteurs locaux

  • activité durable qui limite l’impact sur l’environnement

  • des déplacements limités et la durée du séjour augmentée.

Il existe donc pour les usagers des choix possibles afin de limiter l’impact de leurs vacances sur la biodiversité. Parmi les différentes formes que peut prendre le tourisme durable on trouvera :

  • Tourisme durable : Le tourisme durable (ou responsable) participe au développement des populations et des territoires d’accueils au Nord comme au Sud tout en contribuant aux enjeux actuels : lutte contre les changements climatiques, protection de la biodiversité et des milieux fragiles et lutte contre les atteintes aux droits humains.

  • Ecotourisme : Il s’agit de voyage durable dans la nature, à la découverte de cette dernière.

  • Tourisme équitable et solidaire: Le tourisme équitable permet aux populations locales de tirer davantage des bénéfices socio-économiques du tourisme. Le tourisme solidaire regroupe les formes de tourisme alternatif qui mettent au centre du voyage l’homme et la rencontre et qui s’inscrivent dans une logique de développement des territoires. L’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées sont les fondements de ce type de tourisme.

  • Ecovolontariat : Ce type de tourisme consiste en la contribution directe des participants à un programme de protection de la nature. Le but est de soutenir des actions de recherche et de protection de l’environnement, directement sur le terrain, en présence des professionnels (botanistes, océanologues, etc.).