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COMPRENDRE L'IMPACT DE L'ECOVOLONTARIAT ET LES MOYENS DE COMPENSATION

Évaluer l’impact de sa mission d’écovolontariat sur l’environnement est assez complexe et revient finalement à faire peser la balance entre l’apport de la mission pour la biodiversité et l’impact généré par la venue des écovolontaires.

Un volontariat positif pour la biodiversité locale

L’écovolontariat apporte beaucoup à la biodiversité locale.

En premier lieu, l’aide financière, sous la forme d’un don, va permettre au programme de protection de la biodiversité de faire perdurer son projet, en formant et salariant du personnel, en achetant du matériel d’étude ou de soin aux animaux, en menant localement des programmes d’éducation à l’environnement, ou en embauchant des gardes forestiers pour lutter contre le braconnage et la déforestation … De plus, l’aide du volontaire sur le terrain vient en appui en apportant des bras supplémentaires et de la bonne volonté, et même parfois des compétences très appréciables !

Il est plus ou moins difficile de quantifier le bénéfice du volontariat sur la biodiversité. La plupart des projets dépendent en grande partie des ressources financières de l’écovolontariat pour survivre, et l’on peut sans trop de fausse modestie attribuer une grosse partie des résultats qu’ils affichent aux écovolontaires.
Par exemple, en 2019, le soutien des écovolontaires aura permis aux projets partenaires de Cybelle Planète de :

  • bénéficier de plus de 155 000 € de dons !
  • bénéficier de plus de 4300 jours de bénévolat ;
  • d’enrichir les bases de connaissances sur la faune sauvage terrestre et/ou marine de milliers d’observations protocolées ;
  • de sauver les milliers d’animaux sauvages blessés ou orphelins et de les relâcher dans la nature lorsque cela s’avère possible ;
  • de mener des suivis sur le long terme de populations d’espèces menacées d’extinction et d’alerter les autorités lorsque cela s’avère nécessaire ;
  • d’assurer la surveillance régulière de sites naturels sensibles ;
  • de protéger des centaines de pontes de tortues marines ;
  • de mener de larges projets de reboisement des mangroves ;
  • de participer à la publication d’études scientifiques déterminantes sur des espèces menacées d’extinction ;
  • de mener des programmes d’éducation à l’environnement, lutte contre les déchets plastiques, etc...

Cette longue liste nous permet de dire que l’écovolontariat est un réel bénéfice pour la biodiversité locale.

Voir les comptes-rendus de l'action des volontaires

Impact du volontariat sur l’environnement

Le bénéfice de l’écovolontariat sur la biodiversité locale est réel, mais ce dernier contrebalance-t-il les impacts générés par la présence des écovolontaires sur place ?

Surconsommer le territoire

L’écovolontariat est un mode de voyage qui permet, par son essence, d’éviter les principaux aléas du tourisme de masse avec globalement, des infrastructures d’accueil basiques, peu ou pas de confort “luxueux” (exemple : pas de climatisation), pas d’intermédiaire avec un apport économique directement profitable à la population ou au projet local, des équipements écologiques (toilettes sèches, panneaux solaires),…

Cependant, de par le simple fait de la présence de volontaires sur place, l’écovolontariat reste responsable d’une consommation du territoire disproportionnée par rapport à celle des habitants locaux (utilisation journalière de moyens de transport motorisés, consommation d’eau et de nourriture modeste mais toujours élevée par rapport aux standards locaux...). Surconsommation d’autant plus élevée que la plupart des écovolontaires, une fois leur mission terminée, prolongent leur séjour pour faire du tourisme et découvrir le pays dans le lequel ils se sont déplacés.

Émissions de CO2

La plupart des missions d’écovolontariat que nous proposons nécessite un déplacement en avion long-courrier, responsable d'émissions de CO2. Nous nous trouvons ainsi balancés entre un mode de voyage responsable et utile à la biodiversité, et l’usage d’un mode de transport qui est une source importante de Gaz à Effets de Serre (GES). Le tourisme représente aujourd’hui les deux-tiers des vols internationaux ! Comment pouvons nous ignorer cela ?

Dérives de l'écovolontariat

L'écovolontariat est une activité bénévole encore très marginale, qui ne bénéficie d'aucune règle officielle. La majeure partie des missions d'écovolontariat proposés sur internet sont de véritables programmes environnementaux, mais il faut savoir qu'il existe un certain nombre d'offres pour de "fausses bonnes actions", qui proposent par exemple de nourrir des bébés lionceaux "orphelins" qui en fait sont issus d'élevages inhumains pour la chasse, qui mènent des pseudo suivi scientifiques qui finalement ne servirons à aucune étude... Ces abus vont nuire d'autant plus à l'environnement qu'ils exploitent généralement des espèces menacées d'extinction, des réserves protégées, sans fournir aucun geste positif pour l'environnement en retour.

Faire pencher la balance positivement

Pour ceux et celles qui souhaitent contribuer à la préservation de notre Cybelle Planète en adoptant des mode de vie vertueux, la question est inévitable : Le bénéfice apporté par ma mission d’écovolontariat contrebalance-t-il l’impact généré par ma présence sur place et par l’émission de GES généré par mes déplacement ?

Evidemment, il n’y a pas de réponse clef, mais nous pouvons néanmoins essayer de compenser au mieux notre impact négatif sur l’environnement, en finançant des projets supposés diminuer d’une quantité équivalente les émissions de GES (compensation carbone), ou en soutenant des programmes locaux de protection de l’environnement (compensation territoriale). D’autre part, il paraît plus que souhaitable d’adopter une plus grande sobriété dans nos manières de voyager.

Limiter les déplacements

En 60 ans, notre mobilité est passée de 1500 à 4500 km par an. Entre 2003 et 2016, le nombre de voyages pour motif personnel des Français à l’international (étranger et départements d’outre-mer) a augmenté de 43 % pour atteindre 24,5 millions en 2016, chiffres qui continuent d’augmenter ! Ces déplacements mobilisent des ressources naturelles dans les pays d’accueil et contribuent à accroître les émissions de gaz à effet de serre. A quand la sobriété dans nos déplacement ?

Le voyage est devenu “in”, la chose à faire absolument, n’avez-vous jamais vu quelqu’un compter avec fierté le nombre pays où il a voyagé, en véritable globe-trotter, même si les séjours sont de moins d’une semaine… ? Petit à petit nous avons oublié de prendre le temps de rêver et savourer notre voyage : de le programmer et de l’imaginer avant le départ, de prendre le temps de découvrir et d’apprécier durant le voyage, et d’intégrer les bienfaits et les nouveaux savoirs acquis après le retour !

A défaut d’arrêter de voyager, voyageons moins, plus longtemps… et prenons le temps d’en apprécier chaque étape avant, pendant, et après.

Compensation carbone

La compensation carbone est une solution proposée aux émissions de gaz à effet de serre qui possède ses limites et qui reste encore très compliquée à comprendre quant aux modes de calculs et aux réels bénéfices qu’en tirent projets et la planète. De plus, à ce jour moins de 0,1% des voyageurs compensent leurs émissions carbones, puisque cela reste une action volontaire.

Nous avons effectué une étude de la compensation carbone. Nous pensons qu'elle peut être un moyen de compensation partielle acceptable à condition de bien choisir l'organisme de compensation et les projets qui en bénéficieront.

Compensation territoriale ©

La notion de compensation territoriale a été créée en 2010 par 3 voyagistes engagés, dont Jean-Pierre Lamic, Président fondateur de Voyageurs et Voyagistes Eco-responsables (VVE). Ce mode de compensation, proche du tourisme solidaire, est en rapport avec les territoires et leurs réels besoins : parmi ces besoins citons la préservation de la biodiversité locale. L’idée étant de compenser directement sur les territoires impactés par le voyageur par un soutien substantiel à des programmes locaux de préservation de l’environnement ou d’éco-développement durable local. Notons que contrairement aux potentiels effets négatifs de la compensation carbone, la compensation territoriale représente un don et non un droit de polluer.

De par sa vocation principale, l’écovolontariat est une solution de compensation territoriale.

 

mesures durables 2

 

A lire pour aller plus loin sur le voyage durable : http://www.vve-ecotourisme.com/librairie/tourisme-durable-lutopie-a-realite